Vous décidez d’investir via un ETF parce que vous voulez pousser au maximum la diversification en achetant des dizaines, voire des centaines d’actions en une seule opération. C’est l’option de la facilité : pas besoin d’analyser chaque entreprise, pas besoin de suivre leurs bilans, ni de choisir les « bonnes » actions. En plus, l’ETF suit automatiquement un indice déjà construit par des experts. Tout semble simple. Mais faites attention à bien sélectionner l’ETF dans lequel vous mettez votre argent. Beaucoup se contentent en effet de sélectionner un ETF « parce qu’il est pas cher », ou empilent plusieurs ETF sans vérifier si leurs portefeuilles ne se recouvrent pas, ce qui gâche la diversification espérée. D’autres n’ouvrent même pas la fiche du fonds (DICI/KID), qui donne pourtant des informations essentielles.
Les risques sont nombreux : l’indice sous-jacent peut baisser, l’ETF peut souffrir d’erreurs de réplication (tracking error), de faible liquidité, ou simplement ne pas correspondre à vos objectifs. Si vous faites ces erreurs, vous risquez de ne pas être rentable ou bien de perdre une part importante de votre capital. Dans cet article, nous vous expliquons comment bien choisir un ETF : les critères à vérifier, les pièges à éviter, pour investir de façon simple, mais intelligente.
Que sont les ETF ou Exchange Traded Fund ?
Avant de vous partager notre sélection des ETF à investir en 2025, voyons d’abord ce que c’est ! Un ETF (ou Exchange Traded Fund) est un fonds d’investissement coté en bourse qui réunit un panier d’actifs (actions, obligations, parfois matières premières) et reproduit la performance d’un indice, d’un secteur ou d’un marché. Et quand on dit qu’un ETF reproduit un indice, cela veut dire que l’ETF « copie » un panier d’actifs (actions, obligations, etc.) qui compose un indice boursier, par exemple S&P 500 (500 grandes sociétés américaines) ou CAC 40 (40 grandes sociétés françaises).
Autrement dit, acheter un ETF, c’est comme dire : « Je veux investir sur l’ensemble de ce marché ou de ce secteur, sans avoir à acheter chaque action individuellement. » Vous achetez une part d’un fonds qui détient déjà toutes (ou une grande partie) des composantes de l’indice. Grâce à cet agrégat, l’investisseur détient, via une seule part, une exposition diversifiée plutôt que d’acheter de nombreuses actions individuelles. Un des traits marquants des ETF est qu’ils sont négociés en Bourse comme des actions : on peut les acheter ou les vendre à tout moment pendant les heures de marché. De plus, les frais de gestion d’un ETF sont faibles (souvent bien inférieurs à ceux des fonds traditionnels) ce qui les rend accessibles sans coûts prohibitifs.

Choisir un ETF en 2025 : les critères à prendre en compte !
Voici quelques critères à vérifier avant d’acheter votre ETF :
Frais visibles : TER/Ongoing Charges (OCF)
Le TER (Total Expense Ratio) ou OCF est l’indicateur standard ; il regroupe les frais de gestion annuels. C’est un point de départ à prendre en compte, mais bien évidement il ne suffit pas. Un TER plus bas n’implique pas toujours un meilleur rendement net si d’autres coûts (spread, slippage, fiscalité) sont élevés. Les spécialistes insistent donc aussi sur l’importance d’évaluer le coût total de possession (TCO).
L’âge de l’ETF
L’« âge de l’ETF » correspond à la durée depuis sa création. Un ETF ancien, existant depuis plusieurs années, possède un historique. En analysant cet historique, vous pourrez suivre l’indice (tracking), sa régularité en période de marchés stables ou instables, et sa survie à divers cycles économiques. L’âge de l’ETF est un critère important à prendre en compte parce qu’un historique long donne de la visibilité sur la robustesse du fonds. À l’inverse, un ETF récent peut avoir des frais très bas ou être prometteur, mais il manque de recul : on ne sait pas encore s’il résistera quand le marché sera turbulent.
Volume du fonds et liquidité
Le « volume du fonds » (souvent mesuré en encours – AUM, assets under management) indique combien d’argent est investi dans l’ETF. La « liquidité », elle, décrit la facilité à acheter ou vendre ses parts sans gros impact sur le prix. Un encours élevé et une forte liquidité sont des signes de sérieux. Cela signifie qu’un grand nombre d’investisseurs participent, ce qui réduit le risque que le fonds soit fermé. De plus, une bonne liquidité permet d’entrer ou de sortir de l’ETF sans gros écart prix‑achat/prix‑vente (spread). En pratique, les professionnels recommandent de privilégier les ETF ayant des encours « suffisants » (par exemple plus de 50 à 100 millions d’euros selon le marché) pour garantir la viabilité et la liquidité.
Performance et qualité du suivi
Lorsque l’on parle de performance d’un ETF et de la « qualité du suivi », on regarde surtout si l’ETF réussit à reproduire fidèlement l’indice qu’il vise. Concrètement, on mesure l’écart de performance entre l’ETF et l’indice (le « tracking difference »), et la régularité de cet écart (le « tracking error »).Un tracking error faible signifie que l’ETF suit l’indice de façon stable, sans décalage important. Si l’ETF a un mauvais suivi (tracking error élevé), sa performance peut diverger de l’indice : vous pourriez obtenir moins que ce à quoi vous vous attendiez, même si l’indice monte. C’est un critère à prendre en compte parce que l’intérêt principal d’un ETF est d’obtenir le rendement d’un indice de façon simple et efficace. Si le suivi est mauvais, l’ETF perd cet avantage. Donc, vous investissez dans quelque chose qui ne reflète pas réellement l’indice.
Pour connaître la performance et la qualité du suivi d’un ETF donné, rendez-vous sur les différentes plateformes financières et comparateurs. Légalement, chaque fournisseur est aussi tenu de publier sur son site la performance passée de ses ETF et le « tracking error ».
Le niveau de risque
Quand on parle du « niveau de risque » d’un ETF, on parle surtout de la volatilité possible, c’est-à-dire de la manière dont sa valeur peut beaucoup monter… ou beaucoup baisser. Un ETF qui suit un indice large et diversifié (actions de grandes entreprises dans plusieurs pays, obligations d’État, etc.) est généralement moins risqué. Cette diversification réduit la dépendance à une seule entreprise, un seul secteur ou un seul pays. À l’inverse, un ETF spécialisé, par exemple un ETF sur un secteur particulier, un thème précis, ou un marché émergent, peut offrir un rendement élevé. Mais le risque est plus fort : les marchés émergents peuvent subir de fortes fluctuations, des crises économiques ou des variations de change.
Bien évidemment, cela ne signifie pas qu’il faut éviter les ETF à volatilité élevée. Tout dépend de votre tolérance au risque : ce que vous êtes prêt à accepter comme fluctuation. Si vous supportez difficilement des baisses importantes, optez pour un ETF diversifié et stable. Si vous cherchez un rendement maximal et pouvez accepter des hauts et des bas, un ETF plus risqué convient.Un investisseur prudent pourrait donc privilégier des ETF « UCITS ». Il s’agit d’ETF régulés selon la législation européenne et suivant des indices d’actions de grandes entreprises (pays développés), ou même des obligations. Ces ETF offrent un bon compromis entre sécurité, transparence et diversification. Et si vous êtes plus tolérant au risque, vous pouvez regarder des ETF orientés vers les marchés émergents ou des secteurs spécialisés.